
Vous connaissez la différence entre une chose complexe et une chose compliquée ?
C’est compliqué quand il y a beaucoup de parties mais que la relation entre elles est simple et prévisible. Par exemple, le soufflé au fromage. Si vous utilisez les bons ingrédients, les bons ustensiles et que vous suivez rigoureusement la recette, même si c’est compliqué, vous obtiendrez un soufflé.
C’est complexe, quand vous ajoutez une relation imprévisible entre les parties et qu’il faut s’adapter sans cesse, au fur et à mesure, pour obtenir le résultat.
Par exemple, durant le repas, vous ne pouvez pas prévoir que Tonton Grincheux va faire une réflexion à Tata Nunuche sur son gamin qui fait trop de bruit et personne ne peut prédire si elle va bien ou mal le prendre et si elle va dévaster la soirée avec son foutu caractère. Il va falloir adapter l’organisation et improviser pour la réussir.
Bref, pour réussir un bon repas de famille, il y a du compliqué (la cuisine) et il y a du complexe (l’ambiance).
Pourquoi on parle de ça ? ⁉️
Parce que la différence entre compliqué et complexe va vous aider à y voir plus clair dans votre business de commerçant moderne et vous allez découvrir les vertus de la simplicité pour accélérer la performance commerciale de votre magasin.
Le métier de commerçant nest pas si compliqué mais il est devenu très complexe.
Difficile de prévoir ce que l’interaction entre la météo, les âneries de nos hommes politiques, l’actualité sociale ou sanitaire et l’évolution du pouvoir d’achat va produire sur votre fréquentation du mois prochain et encore pire du prochain semestre.
Résultat, depuis quelques années, le commerce ne cesse d’évoluer vers plus de complexité et les commerçants (grandes enseignes en tête) n’ont pas cessé de chercher des moyens compliqués pour répondre à la complexité. Le résultat, on fait un métier qui devient impossible à faire bien si on n’est pas Superman.
On veut faire de l’omnicanal, étendre les lignes de produits et les services. On crée de la procédure à gogo pour endiguer le gaspillage, des reportings de plus en plus intelligents et pointus. On demande à des personnels mal formés, mal motivés, mal payés de réussir tellement de choses différentes que le turn-over s’abat sur les équipes comme la vérole sur le bas clergé breton du moyen âge. Et plus les équipes tournent, et moins on y arrive.
Aujourd’hui, diriger une entreprise de commerce n’est plus un problème de compétence ou d’énergie, c’est un problème d’engorgement du planning et des priorités.
Un problème de simplicité perdue.
Pourquoi la complication est devenue le premier ennemi du magasin ?

1 – Parce que la surcharge empoisonne le quotidien des managers. 😶🌫️
La plupart du temps, les managers sont mobilisés pour réaliser des tâches dont près de la moitié n’apportent de valeur directe ni à l’efficacité des équipes, ni au bénéfice du client, ni au chiffre d’affaires.
C’est bien pire chez les intégrés que chez les indépendants mais on en prend le chemin fièrement.
- Respecter des procédures administratives,
- Alimenter des reportings composites,
- En suivre d’autres,
- Gérer des plannings,
- Suivre des logiciels de gestion de projet…
La surcharge se cumule en petites couches peu épaisses mais leur nombre les rend insupportables. 🫣
Plus on ajoute de tableaux, de KPIs, de procédures, de reportings et plus on a l’illusion qu’on maîtrise ce qu’on mesure. Mais c’est une impression fausse.
Ô combien fausse !
2 – Parce que plus il y a de choix et moins le client achète. 😵💫
Vous connaissez l’expression “avoir l’embarras du choix ». Des gammes qui s’étendent, c’est plus de stock, plus de linéaires, plus de gestion et finalement, plus d’embarras pour la gestion et moins de conversion de vente.
Donner plus de choix, c’est créer plus de doute, demander plus d’assistance à l’achat et finalement conduire le client à abandonner plus souvent pour sortir de l’embarras dans lequel on l’a mis.
3 – Parce que plus le système est compliqué et moins les équipes suivent. 😒
C’est déjà bien difficile de maintenir la motivation naturellement. Quand en plus, on ajoute aux difficultés naturelles du management, des risques d’erreurs, de la fatigue mentale et finalement une perte de sens sur le travail, on se crée des difficultés critiques sans le vouloir et souvent, sans le voir.
On peut ajouter à ce tableau, l’impossibilité pour la plupart des équipiers, même de bonne volonté de prendre la moindre initiative dans un environnement qu’ils ne comprennent pas bien. 🥴
Mobiliser des équipes sur des items de gestion compliqués, c’est s’assurer de tuer l’initiative. Inutile de reprocher ensuite le manque d’initiative à des équipes qu’on a placées dans la situation de ne plus pouvoir en prendre sans risquer de se prendre les pieds dans le tapis . Personne n’aime se placer dans la situation d’être pris pour un idiot et la complication conduit à ce risque.
Simplifier ne veut pas dire « faire moins » mais aller plus rapidement à l’essentiel.

La notion de simplification est souvent mal comprise. Rendre plus simple, ne veut pas dire supprimer ou appauvrir, cela veut dire rendre plus clair, plus facile à comprendre, plus rapide à faire.
1 – Simplifier, c’est d’abord réduire le nombre de sujets d’attention. 🪄
Et les sujets d’attention importants dans le commerce, il n’y en a pas beaucoup finalement. Il y en a 1 principal : donner la priorité au client. Une priorité et une seule : le client.
On peut la détourner de son cours en donnant la priorité aux équipes (Richard Branson qui dit “prenez soin de vos équipes, ils prendront soin de votre entreprise” ou Damien Deleplanque qui dit “prends soin de ton vendeur, il prendra soin de ton client”).
Dans les 2 cas, c’est bien finalement au client que l’on pense et vous l’aurez remarqué, on se concentre sur l’humain parce que c’est devenu l’avenir de s’en occuper.
C’est follement excentrique et furieusement tendance de s’occuper des Hommes dans ce monde qui se déshumanise.
2 – Simplifier, ensuite c’est aller plus vite. 🏃➡️
Notre client plébiscite la vitesse. C’est un des sujets sur lesquels le retail peut allumer le web. Si je le veux maintenant, mieux vaut aller en magasin ! Délai imbattable.
Vos équipes ne demandent que ça. Vos clients ne demandent que ça. Votre rentabilité ne demande que ça.
Décider plus vite, exécuter plus vite. Commander plus vite. Être livré plus vite. Mettre plus vite en place. Vendre plus vite. Encaisser plus vite, etc…
Ne cherchez pas la vitesse pour la vitesse mais mettez en place tout ce qui peut permettre à la machine d’accélérer sans casser le moteur. Rendez-votre magasin plus rapide ! C’est bon pour lui.
3 – Simplifier, enfin c’est permettre à tout le monde de participer. 🙋
Quand c’est simple, personne n’a de complexe à prendre la parole.
Les salariés osent, parlent entre eux, cherchent des moyens pour améliorer.
Les relations de management sont plus faciles parce qu’on parle tous la même langue. Les erreurs sont moins nombreuses, le doute moins présent.
Les idées sortent, les initiatives fleurissent et vous recréez du plaisir et du dynamisme au quotidien.
Les 3 choses à simplifier d’urgence et en priorité dans un magasin.

1 – Simplifier le management
Simplifiez les priorités de travail
Une équipe qui travaille avec 15 priorités n’a plus vraiment de priorité. Une priorité est quelque chose qu’on fait avant le reste parce que c’est plus important. Qu’est ce qui doit être fait avant le reste ?
Vous devez travailler 3 priorités opérationnelles :
- Une commerciale (par exemple : augmenter la fréquentation de 10%)
- Une managériale (par exemple : réduire le turn-over < à 5%)
- Une de gestion (par exemple : augmenter la marge en valeur de 8%).
Simplifiez les procédures de management.
Vos managers sont des chefs, n’en faîtes pas des administratifs neurasthéniques.
- Moins de reportings
- Moins de compte-rendus, de rapports, de paperasse qui ne servent pas à décider
- Plus de contacts managériaux plus courts plutôt que des contacts longs mais rares.
Simplifiez la communication interne.
- Des e-mails
- Des portails d’infos ou des messageries internes
- Des logiciels de gestion du temps.
- Des consignes verbales en direct.
- …
Aujourd’hui, on est tous débordés d’informations. Plus personne n’est capable, ni de tout lire, ni surtout de tout traiter. Moins d’outils, moins de canaux, moins d’infos mais du clair…
2 – Simplifier l’offre.
Moins de références = plus de chiffre d’affaires.
D’abord parce que votre trésorerie n’est pas infinie. Vous vendrez mieux si vous avez peu de références mais en stock suffisant que si vous en avez beaucoup avec des stocks légers.
Ensuite parce que votre client n’a pas besoin d’avoir tout le choix du monde. Il a besoin d’une réponse à son besoin. Plus vous faites simple et plus votre offre devient lisible, claire, évidente.
Enfin parce que c’est tout simplement plus facile de gérer 5 000 références que 10 000.
Restez donc concentré sur l’essentiel : renforcez la présence et la dramatisation des 20% de produits qui font 80% du CA et élaguez l’autre côté du scope en supprimant ce qui vous coûte du temps, de la tréso et de la place.
3 – Simplifier les process.
Reprenez vos processus d’achat, de vente, de caisse et de gestion intermédiaire et posez-vous la question : Est-ce absolument nécessaire pour vendre plus et préserver ma marge ?
- Supprimez alors tout ce qui n’a pas une utilité forte
- Simplifiez tout ce qui doit être fait pour le rendre systématique et bien connu des équipes
- Automatisez tout ce qui peut l’être et seulement à la fin. Ce serait dommage d’automatiser des process inutiles.
Les 3 étapes pour simplifier la vie d’un magasin.

1ère ETAPE : Poser les choses sur la table.
Vous allez séparer les activités de votre magasin en 3 parties différentes :
- Les activités nécessaires (la sécurité, l’approvisionnement, la caisse, le respect de la loi, etc…)
- Les activités créatrices de valeur (vendre, conseiller les clients, innover, promouvoir, etc…)
- Les activités nuisibles. (tâches inutiles, polluantes, redondantes, tableaux de reporting interminables, etc…).
2ème ETAPE : Trier ce qu’on doit garder et pas garder. ⚖️
- Qu’est ce qui fait doublon ? Dans les tâches, dans les fiches de fonction.
- Qu’est ce qui est vraiment utile ou inutile ? Pour servir les priorités.
- Qu’est ce qui agace les clients ? (leur demander)
- Qu’est ce qui fait perdre du temps aux équipes ? (leur demander).
Les équipes sont concernées. Elles doivent participer. Rien n’est plus précieux que l’avis de ceux qui font tourner la machine pour qu’elle tourne mieux. Leur implication doit être une priorité pour vous et c’est une bonne occasion de l’améliorer.
C’est là le vrai moment des remises en cause. Soyez radical, objectif et impitoyable. Faites attention à l’obsolescence de vos procédures. Les procédures peuvent avoir perdu de leur pertinence avec le temps et l’évolution des techniques. Nettoyez !
3ème ETAPE : Structurer et faire durer la simplicité.
Écrivez et partagez vos 3 priorités opérationnelles :
- Commerciale
- Managériale
- De gestion.
Cela doit se réduire à 3 phrases, 3 chiffres et être facile à comprendre par tout le monde.
Choisissez des outils simples et uniques pour :
- Vos plannings
- Votre communication
- Votre suivi d’activité
L’information doit circuler avec fluidité, rapidité et facilité.
Installez des routines courtes, efficaces pour :
- Commander,
- Réceptionner et mettre en rayon.
- Contrôler vos caisses, votre coffre.
- Contrôler votre conformité.
- …
Revenez tous les mois sur votre audit de simplicité pour préserver l’essentiel et investissez dans la “simplexité” car elle est un enjeu crucial des années à venir.
Simplexité = art de rendre simples, lisibles et compréhensibles des choses complexes.
Contre votre vision, naturellement et sans les y inciter, vos encadrants trouveront des solutions compliquées et “intelligentes” à mettre en place. Soyez intransigeant sur le tri entre ce qui est indispensable et ce qui peut être mis de côté. La simplicité est un enjeu qui a besoin d’une mise à jour permanente. Comme d’enlever les mauvaises herbes entre les rangs quand on veut manger de beaux légumes.
Conclusion : pourquoi votre statut d’indépendant vous donne un avantage énorme sur vos concurrents intégrés et sur les gros opérateurs web pour simplifier votre business ?

Vous avez un avantage formidable.
Là où vos concurrents intégrés où les gros opérateurs web ont besoin de temps pour décider et actionner, vous pouvez attaquer sans délai car vous êtes le validateur. Cela vous permet sans doute de faire les conneries plus vite que la moyenne mais si vous êtes prudent, vous irez aussi plus vite que les autres à faire ce qui est bon.
Une grande enseigne intégrée à besoin de plusieurs mois pour simplifier un process et doit mettre en oeuvre des trésors de communication pour être sûre que l’info descende bien au niveau du terrain. Vous aurez besoin d’une semaine pour faire ce que les autres mettent 6 mois à réussir parce que votre agilité d’indépendant vous permet de courir sans attendre le starter.
Vous voyez bien, si vous lisez la presse spécialisée, que les distributeurs qui s’en sortent le mieux, prennent des parts de marché et réforment plus vite leur modèle, sont les indépendants.
Chaque patron adapte son organisation aux réalités de sa zone quand les grands groupes font des plans incroyables qu’il faut des mois à intégrer dans le quotidien.
La simplification est un enjeu stratégique facile, accessible, profondément humain et durable. A vous de vous l’approprier pour accélérer votre croissance.
Et quand vous aurez simplifié vos process, vous aurez le temps de consacrer du temps à ce qui compte : l’humain.
Regardez juste après, un e-book à télécharger qui vous donnera de bonnes pistes pour renforcer les piliers de votre business.

